Droits de voter et d’être votée : FEMMES et ENJEUX ELECTORAUX en RDC

Vos Droits et Comment faire entendre votre voix, Publié : Le 092015 à 14:20:15

La Politique Nationale Genre de la République Démocratique du Congo inscrit la participation citoyenne et politique des femmes comme l’une des priorités conformément à la Constitution de la République, aux Objectifs de Développement Durable (ODD) ainsi qu’à la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Dans sa démarche de consolidation de la paix et de la démocratie, la République Démocratique du Congo est à son troisième cycle des élections démocratiques. Ces dernières sont un moyen qui permet aux femmes de renforcer leur pouvoir en y participant en tant qu’électrices, mais aussi en tant que candidates.

Les statistiques de l’enrôlement des deux précédents cycles ont montré que les femmes représentaient 51% en 2006 et 49,7% en 2011. En outre, en dépit du fait que les femmes représentent le poids démographique le plus important, par contre le nombre de candidatures féminines reste de loin inférieur à celui des hommes et le nombre d’élues ne dépassent pas 10% dans les assemblées législatives tant nationales que provinciales (Source CENI).

Selon le rapport à mi-parcours de la CENI sur les aires opérationnelles 1 et 2, le taux de participation des femmes à cette opération est à 41 % en moyenne. Ce taux reflète un relâchement de la part des femmes et risquerait de freiner l’élan de leur participation politique et citoyenne. Cette situation est due à plusieurs facteurs qui relèvent des femmes elles mêmes et de leur environnement sociopolitique.

Mais il existe des facteurs liés aux femmes au comportement des femmes elles même.
? baisse d’intérêt vis-à-vis du processus électoral ;
? analphabétisme ;
? charges domestiques ;
? sous- information et ignorance sur les questions politiques et de citoyenneté;
? faible compréhension des enjeux politiques
En ce qui concerne les facteurs externes nous notons :
? La Sensibilisation électorale à faible échelle ;
? La formation électorale insuffisante ;
? Le faible appui aux programmes d’éducation civique et électorale ;
? Le foisonnement des partis politiques ;
? La pauvreté communautaire ;
? Le clientélisme ;
? le manque de culture de redevabilité de la part des élus.

Néanmoins, il sied de souligner que les femmes possèdent des atouts susceptibles de contribuer efficacement à l’amélioration de leur implication au processus électoral particulièrement à l’augmentation du taux des femmes à l’enrôlement en cours.

Nous citons :
? L’implication dans les activités communautaires basées sur l’engagement volontaire ;
? la forte capacité de mobilisation autour des problèmes communautaires ;
? l’appartenance à des organisations et réseaux des femmes ;
? l’existence des associations confessionnelles.

Ces atouts sont soutenus d’une part, par l’éclosion de la conscience au sein des organisations féminines sur les droits des femmes et d’autre part, par la présence des femmes au sein des partis politiques et leur intérêt à concourir aux postes électifs ainsi qu’à la participation à la prise de décision. Dans cette optique, les femmes se sont mobilisées pour obtenir des textes de lois qui leur sont favorables, pour animer des projets et programmes sur l’éducation civique et électorale ainsi que sur le leadership politique des femmes.

Face à cette réalité, il est impératif que des actions de mobilisation soient organisées autour d’une démarche de synergie et de réseautage susceptible d’améliorer le taux d’enrôlement des femmes ainsi que leur implication effective au processus électoral ; étant donné que l’enrôlement constitue une phase importante du cycle électoral qui détermine la répartition des sièges et permet d’accomplir le droit de vote.

Il est temps que les femmes puissent recadrer leurs stratégies d’intervention dans la perspective d’une bonne participation de la femme au processus démocratique.



Rose Mutombo Kiese/CAFCO

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