Droits politiques : Causes et conséquences de la faible participation politique de la femme congolaise, en savons - nous plus ?

Vos Droits et Comment faire entendre votre voix, Publié : Le 075737 à 12:57:35

La participation politique des femmes est un défi majeur dans la quête pour l’égalité de genre en termes de droits. Certes, Des progrès non négligeables ont été réalisés à travers le monde dans la reconnaissance des droits fondamentaux des femmes. Tel est également le cas avec la RDC notamment le vote et la modification de certaines lois dont la loi portant application des droits de la femme et de la parité ainsi que le code de la famille qui a été révisé.

En outre, il faut reconnaitre que le droit à la participation politique et à la prise des décisions demeure un domaine sensible dans lequel peu de résultats effectifs sont atteints en termes d’opportunités égales.

La République Démocratique du Congo a ratifié plusieurs instruments juridiques internationaux relatifs aux droits spécifiques des femmes, et dispose également des principes de parité homme femme dans la Constitution en ses articles 14 et 15, mais leur mise en application pose problème.

Plusieurs pesanteurs sont à la base de la faible participation politique des femmes. Nous pouvons citer :

a. Les causes socioculturelles et économiques
- les us et coutumes rétrogrades ;
- la mauvaise interprétation des principes religieux ;
- le déficit d’instruction (analphabétisme) ;
- les préjugés socioculturels et autres restrictions ;
- les harcèlements sexuels
b. Les causes politiques
- la mauvaise perception sociale de la vie politique ;
- la non préparation à la vie politique ;
- la faible capacité de communication
- le faible engagement des femmes dans les partis politiques ;
- le manque de volonté des décideurs de reconnaitre et de mettre en application les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux.
- absence des cadres politiques féminins ; etc.
c. Les causes juridiques
- La persistance de certaines dispositions des lois nationales discriminatoires à l’égard de la femme notamment ;
- le code du travail (le silence du législateur renvoi au Code Civil dont le Code de la Famille);
- la loi électorale qui manque de dispositions coercitives ou incitatives à l’intégration des femmes dans la liste électorale en position utile.

Comme conséquence qui justifie la faible participation politique des femmes nous pouvons citer :

- L’absence des cadres politiques Féminins ;
- La faible représentation qualitative et quantitative des femmes aux instances de prise de décisions ;
- La non application des lois et dispositions constitutionnelles relatives à la mise en œuvre de la parité homme – femme, etc.
- La non prise en compte du social de la population par les hommes au pouvoir.

Bref, les conséquences de la faible participation politique des femmes frappent aussi bien les femmes que la société tout entière. Car, cette situation a comme conséquence entre autres, la disparité du genre caractérisée par une sous représentativité des femmes dans les instances de prise de décision et la non prise en compte des besoins fondamentaux de la majorité démographique de 52% de la population que constituent les femmes. Il est donc temps que toute la société et surtout les hommes comprennent cette réalité, gage du développement de la République Démocratique du Congo et de l’Afrique.
La puissance politique de la femme à travers le monde, il faut y croire pour y arriver !
En effet, le pouvoir des femmes à travers le temps et l’espace ainsi son combat, n’est pas à démontrer. Si dans certains pays au monde et même en République Démocratique du Congo les aspects positifs du pouvoir de la femme sont mal compris, sous d’autres cieux, la prise en compte du pouvoir des femmes qui constituent la majorité démographique a toujours et demeure un outil indispensable pour développement des sociétés modernes.
D’où les efforts qui sont fournis pour l’intégration de la dimension genre dans les politiques des Gouvernement, une politique qui consiste à permettre aux femmes de déterminer la marche officielle de l’histoire des nations.
Certes, la question fondamentale ou centrale du combat politique féminin reste celle du pouvoir des femmes ou ce que certains appellent la démocratie, voire le gouvernement des femmes ou mieux encore dirigé majoritairement par les femmes. Or, elles ont des difficultés énormes pour entrer dans le cercle sacré et érotisé du pouvoir masculin.
Et pourtant, ailleurs en France par exemple, les femmes ont, dans la plupart des cas, paru en premières lignes de combats politiques comme lors de la révolution française ou comme Jeanne d’arc à l’époque des guerres de la France contre l’Angleterre, mais pour finir par être confinée aux petits rôles. D’où la question de construction d’un système de puissance féminine « Women’s empowerment ».
Pour y arriver, les femmes congolaises sont appelée à participer nombreuses à la vie politique nationale, afin d’avoir toutes les chances de remporter la bataille et présenter un agenda dont le mode d’emploi repose sur le pouvoir politique à l’usage de la femme. Elles doivent quitter le monde de lamentations et se battre contre l’égoïsme masculin, pour obtenir la victoire dont elles possèdent tous les atouts.
L’influence des femmes devrait viser ou concerner un objectif non pas tactique mais stratégique visant à faire du pouvoir politique congolais un vecteur de sens de l’histoire, un instrument puissant de transformation du destin du Congo et des congolais.
Pour construire la puissance des femmes, il faut insister sur le devoir de conscience politique des femmes elles-mêmes qui doit augmenter ; le devoir de capacité d’analyse et de jugement politique en vue des actions d’influence. Ce qui suppose un effort visible à manifester de grande prestation des femmes.

Héritier MP/ LIFCE

Restez Connecté